Icon Les Conseils De Kidibou
  • slidebg1
    Les conseils
    Kidibou
    de
  • laptopmockup_sliderdy
    Notre neuropsychologue vous informe !
  • laptopmockup_sliderdy

ARTICLES

Le développement de l'enfant à travers le sport

Les conseils de Damien, neuropsychologue à Maurice

Nous avions vu, dans l'article précédent, l'importance des limites pour l'épanouissement de l'enfant. Le sport, ne serait-il pas un autre moyen, plus ludique cette fois, pour familiariser nos enfants au respect des règles? Nous savons tous que le sport est primordial pour la santé physique de tout un chacun. Mais pas que! Le sport est une véritable école de vie. Le sport nous apprend à nous dépasser!

Le code du sportif de l'AFSVFP (Association Française pour un Sport sans Violence et pour le Fair Play) l'illustre bien à mon sens:
'Tout sportif débutant ou champion s'engage à:
1-Se conformer aux règles du jeu
2-Respecter les décisions de l'arbitre
3-Respecter adversaires et partenaires
4-Refuser toute forme de violence et tricherie
5-Être maître de soi en toutes circonstances
6-Être loyal dans le sport et dans la vie
7-Être exemplaire, généreux et tolérant.'

Cet article/interview se développera en 2 étapes. Dans un premier temps nous verrons le sport en tant qu''école de vie' avant de s'attarder dans un deuxième temps, sur le sport comme un 'outil de dépassement de soi'.

Pour nous éclairer sur ces 2 axes, Kidibou a interrogé Maxime Bachelier. Maxime a un diplôme d'état français d'Éducateur Spécialisé mention perfectionnement Tennis. Après 8 années en tant qu'entraîneur de tennis, dont 2 années à Maurice pour le plus grand plaisir de ses élèves mauriciens, son intérêt pour le développement personnel l'a conduit à rejoindre l'Europe pour une formation en accompagnement de performance.


Le sport comme école de vie

1-Pour commencer Maxime, à partir de quel âge pensez-vous qu'un enfant puisse commencer une activité sportive comme le Tennis? Et quels sont les objectifs de ces toutes premières années de sport?

Depuis quelques années, un nouveau concept appelé 'baby tennis' est mis en place dans les clubs de tennis pour permettre aux enfants dès l'âge de 3 ans de s'initier au tennis de manière très adaptée.
Il s'agit de petits ateliers ludiques, de parcours de motricité dynamiques et de jeux de balles et de ballons faisant appel à l'imagination débordante des enfants de 3 ans.
 
L'objectif de ces premières années est la découverte pour l'enfant de son propre corps par des jeux de coordination, d'avoir un début d'autonomie, de concentration (être à l'écoute) et jouer avec les autres (partage).

2-Quelle doit être, selon vous, l'attitude des parents ces toutes premières années et, surtout, que ne doivent-ils pas faire afin que l'enfant développe un réel attrait pour le sport?

L'enfant à l'âge de 3 ans est très attaché à papa et maman, et vice versa !

Dans ces premières années, les parents sont souvent trop présents : il faut permettre à l'éducateur de nouer une relation de confiance avec l'enfant et, pour cela, ne pas trop s'impliquer dans la séance et rester en silence à regarder son bout de choux courir et s'amuser.

Bien sûr, il faut que les parents montrent à l'enfant qu'ils sont là, juste à côté du court, si un câlin rassurant ou des encouragements sont nécessaires.

Le meilleur conseil est de discuter avec l'éducateur sur ce que vous attendez de lui, et de ce qu'il attend de vous et de l'enfant.
Si les choses sont dites, l'ambiance générale sera profitable à l'enfant et l'attrait pour ce sport n'en sera que plus grand.

3-Les jeunes enfants ont tendance à changer rapidement de sport. À partir de quel âge prennent-ils un réel engagement pour un sport ou un autre?

Les enfants changent rapidement de sport car il y a beaucoup de choix d'activités à notre époque. 
Durant les premières années sportives, c'est une excellente chose de varier entre sport collectif et sport individuel, sport terrestre et sport aquatique, car l'enfant va développer toutes les qualités motrices et mentales d'un futur sportif confirmé. 

Par la suite, aux alentours de 8 ans, et lorsque l'enfant le désire vraiment, le fait de se spécialiser dans un sport en particulier permet à l'enfant d'entrer petit à petit dans l'univers de la compétition, en creusant les aspects techniques, tactiques, physiques et mentaux du sport en question, ce qui deviendra alors une Passion.

4-Vos attentes, en tant qu'entraîneur, se modifient-elles alors?

En tant qu'entraîneur, si l'enfant tient à se spécialiser uniquement dans le sport que j'enseigne, en l'occurrence le tennis, mon devoir est de lui apporter ce qu'il désire en lui faisant comprendre qu'il devra respecter certaines valeurs du sport.

Tout dépend encore une fois du projet de l'enfant et des parents ; une discussion est à nouveau nécessaire entre parents et enfant en premier lieu pour savoir ce qu'il attend de sa spécialisation, puis ensuite entre parents et entraîneur pour fixer des objectifs adaptés.
La communication est une clef du progrès.

L'enfant deviendra alors un joueur/compétiteur proprement dit, et respectera le code du sport de l'AFSVFP comme par exemple le respect des adversaires, des partenaires d'entraînement, de l'entraîneur, une certaine exemplarité, de la générosité dans l'effort, de la tolérance et de l'écoute.

Le sport comme outil pour un dépassement de soi


Les conseils de Damien, neuropsychologue à Maurice

5-Maintenant que votre chemin vers le développement personnel et l'accompagnement de performance est plus qu'engagé, que vous évoque cette phrase de Pierre de Coubertin : 'Le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour la triompher, la difficulté pour la vaincre' ? On a largement dépassé le fameux ' un esprit sain dans un corps sain' . 

Cette phrase de Pierre de Coubertin, fondateur des JO modernes, est, à mon sens, absolument exacte en ce qui concerne le sport de Performance.
On parle ici de dépassement de soi, ce qui est une valeur fondamentale dans le sport de compétition d'un niveau conséquent.

Ceci étant, les enfants dans les clubs sont confrontés à la peur (de gagner ou de perdre) à tous les niveaux !
Ils sont confrontés à la fatigue qu'apporte la pratique d'un sport ainsi qu'aux difficultés que cette pratique engendre.

Le sport peut aider les enfants à mieux gérer leurs émotions, à avoir davantage confiance en eux et à persévérer (si tout ne se passe pas comme ils le veulent.)
Ex: l'adversaire semble fort, il faut trouver des solutions pour gagner malgré tout.

Les valeurs du sport peuvent se transposer aux valeurs de la vie courante.

Sans forcément parler de sport de Performance, le sport dit 'loisir' apporte des qualités nécessaires au bon comportement général de l'enfant et le prépare à sa future vie d'adulte.

6-En tant que maman, une question me paraît importante : comment aider nos enfants à gérer les défaites lors des compétitions ? Comment leur donner le goût de la victoire plus que la peur de l'échec ? 

Voilà deux questions fondamentales:
Par expérience, les enfants gèrent parfois très mal les défaites lors des compétitions, et, pour parler du tennis en particulier, il s'agit d'un sport individuel donc l'enfant ne peut s'en vouloir qu'à lui même.

Après une défaite, l'enfant culpabilise, se dévalorise, pleure parfois et son petit monde s'effondre sur le moment.

Pas de panique, c'est une réaction tout à fait normale.

Votre rôle, en tant que parent, à ce moment là, est de laisser passer l'orage. L'orage peut durer quelques minutes, voire quelques heures, l'enfant peut se renfermer sur lui-même et ne plus communiquer car il 'refait son match' dans sa tête.

Ne surtout pas lui dire : 'tu as mal joué aujourd'hui' ou  bien 'je n'aurais pas fait ça à ce moment-là'.

L'enfant viendra vous parler de son match quand il se sentira prêt, le rôle des parents est de lui montrer de l'affection, de lui montrer qu'on comprend sa tristesse sans trop en faire ni trop en dire, surtout à chaud après son match.

En ce qui concerne le goût de la victoire, tout enfant le possède en lui, tout le monde aime gagner, il n'y a donc pas besoin de l'inculquer, c'est naturel.

Cependant, chez certains, c'est la peur de perdre qui domine.
Un travail de relaxation d'avant match ( écoute musique ou échauffement physique) pour les 'stressés' permettra au joueur de se mettre dans le match et de se visualiser en train de gagner.

7-Pour terminer, par rapport à votre expérience de sportif puis d'entraîneur, pensez-vous que les enfants d'aujourd'hui sont différents d'il y a 15-20 ans ? Je vous ai entendu dire ' C'est fou comme les enfants d'aujourd'hui n'ont pas confiance en eux ! ' Le sport est-il une des solutions ? 

Bien sûr, les enfants d'aujourd'hui sont différents d'il y a 15/20 ans.

A chaque génération, ses évolutions et ses différences.

A mon sens, ils ont pour la plupart moins confiance en eux, sont très sensibles et se découragent vite devant la difficulté.

Les nouvelles pédagogies de l'enseignement prônent des jeux qui amènent le plus souvent à la réussite, pour que l'enfant ne se braque pas devant l'échec.

Mais l'échec fait parti du sport et, lorsque les premières compétitions arrivent, c'est difficile d'accepter de perdre.

C'est à l'entraîneur de faire comprendre petit à petit que parfois on gagne, parfois on perd, parfois on réussit et parfois on échoue, et que c'est par le travail et l'entraînement, le respect des valeurs du sport et des valeurs de la vie courante que l'on progresse !

Attention, cependant, aux nouvelles technologies numériques (tablettes, smartphones, ordinateurs) qui, bien qu'elles aient des qualités irréfutables de nos jours, ne remplaceront jamais une activité sportive quelle qu'elle soit.

En conclusion, je dirais que le sport n'est pas une solution, c'est La solution pour se sentir bien dans ses baskets, bien dans sa peau et avancer dans la vie à son rythme en gardant 'un esprit sain dans un corps sain'

Maxime Bachelier


QUESTIONS PRÉCÉDENTES :



VOS QUESTIONS :